Guide · Réglementation

AI Act : le calendrier réel,
et ce qu'il change
pour votre application.

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle s'applique par vagues successives, et son calendrier a déjà été modifié. Les dates ci-dessous proviennent de la Commission européenne. Dernière vérification : 11 août 2026.

Le calendrier officiel

Le règlement (UE) 2024/1689, dit AI Act, ne s'applique pas d'un bloc. D'après le cadre réglementaire publié par la Commission européenne :

  • 1er août 2024 — entrée en vigueur du règlement.
  • 2 février 2025 — application des interdictions visant certaines pratiques, et des obligations de littératie en IA.
  • 2 août 2025 — application des règles de gouvernance et des obligations pesant sur les modèles à usage général.
  • 2 août 2026 — application générale du règlement, incluant les règles de transparence.
  • 2 décembre 2027 — obligations pour les systèmes à haut risque relevant de domaines énumérés (biométrie, infrastructures, éducation, emploi, migration).
  • 2 août 2028 — systèmes à haut risque intégrés à des produits déjà soumis à une réglementation sectorielle.

Un texte dit « AI Omnibus », entré en vigueur le 27 juillet 2026, a étendu certaines périodes de transition pour les systèmes à haut risque et apporté des clarifications. Un article publié en 2024 ou 2025 sur le sujet est donc probablement dépassé sur ce point précis.

La question qui compte : êtes-vous concerné, et à quel titre ?

Le règlement raisonne par niveau de risque et par rôle. Deux distinctions déterminent presque toute la réponse.

Fournisseur ou déployeur ?

Le texte ne traite pas de la même façon celui qui met un système d'IA sur le marché et celui qui l'utilise dans son activité. La plupart des entreprises qui intègrent un modèle existant dans leur produit se situent du côté de l'utilisation, avec des obligations sensiblement plus légères que celles des fournisseurs de modèles.

Quel niveau de risque ?

La catégorie « haut risque » est souvent invoquée à tort. Elle vise des usages énumérés — biométrie, infrastructures critiques, éducation, emploi, accès aux services essentiels, migration — et non toute application qui utilise de l'IA. Un assistant qui rédige des réponses, résume des documents ou aide à la recherche interne ne relève pas automatiquement de cette catégorie.

Pour la majorité des produits, l'essentiel se résume à des obligations de transparence : indiquer à l'utilisateur qu'il interagit avec un système d'IA quand ce n'est pas manifeste, et signaler les contenus générés artificiellement.

Ce qui pose problème en pratique, et qui n'est pas dans l'AI Act

D'expérience, les difficultés rencontrées par les applications intégrant un LLM relèvent rarement de la qualification réglementaire. Elles sont techniques, et souvent antérieures à l'AI Act :

  • Des données personnelles envoyées au modèle sans base légale ni information — un sujet RGPD, immédiatement applicable, dont l'AI Act ne dispense en rien.
  • Des instructions système exfiltrables par un utilisateur qui formule sa demande habilement, révélant règles métier, prix ou consignes internes.
  • Une injection de prompt indirecte : le modèle traite un document ou une page fournie par un tiers, dans laquelle des instructions ont été dissimulées.
  • Aucun garde-fou déterministe en sortie : la réponse du modèle est utilisée telle quelle pour décider ou afficher, sans validation.
  • Aucun plafond de coût : une boucle d'appels ou un usage abusif se traduit directement en facture.

Ce sont ces points qu'un audit technique peut établir et corriger — voir l'audit d'application IA. Sur le volet données personnelles, voir la conformité technique RGPD.

Ce qu'Avisers fait — et ne fait pas

Avisers n'accompagne pas la mise en conformité AI Act et ne qualifie pas juridiquement un système au regard du règlement : cela relève d'un conseil juridique spécialisé. Cette page est informative.

Le travail d'Avisers commence là où la question devient technique : que votre application envoie-t-elle réellement au modèle, que fait-elle de la réponse, et que se passe-t-il si quelqu'un cherche à en détourner l'usage.

Questions fréquentes

AI Act — questions fréquentes

L'AI Act est-il applicable aujourd'hui ?

Oui, par étapes. Le règlement (UE) 2024/1689 est entré en vigueur le 1er août 2024. Les interdictions de certaines pratiques s'appliquent depuis le 2 février 2025, les obligations relatives aux modèles à usage général depuis le 2 août 2025, et l'application générale du règlement est intervenue le 2 août 2026. Les obligations propres aux systèmes à haut risque interviennent plus tard : 2 décembre 2027, puis 2 août 2028 pour ceux intégrés à des produits déjà réglementés.

Mon application est-elle un système à haut risque ?

Dans la grande majorité des cas, non. La qualification de haut risque vise des usages précis énumérés par le règlement, notamment la biométrie, les infrastructures critiques, l'éducation, l'emploi, l'accès aux services essentiels et la migration. Une application qui utilise un modèle de langage pour générer du texte, résumer des documents ou répondre à des questions ne relève pas automatiquement de cette catégorie.

Quelles obligations concernent une application classique intégrant un LLM ?

Principalement des obligations de transparence : informer l'utilisateur qu'il interagit avec un système d'IA lorsque ce n'est pas évident, et signaler les contenus générés artificiellement. S'y ajoutent, indépendamment de l'AI Act, les obligations du RGPD dès lors que des données personnelles sont envoyées à un modèle.

Le calendrier a-t-il été modifié ?

Oui. Un texte dit « AI Omnibus », entré en vigueur le 27 juillet 2026, a étendu certaines périodes de transition, en particulier pour les systèmes à haut risque, et apporté des clarifications. C'est une raison de plus de vérifier les dates à la source plutôt que de se fier à un article ancien.

Avisers accompagne-t-il la mise en conformité AI Act ?

Non. La qualification juridique d'un système au regard du règlement relève d'un conseil juridique spécialisé, et cette page est informative. Avisers intervient sur le volet technique : ce que votre application envoie réellement au modèle, les données personnelles qui transitent, les garde-fous en sortie et la maîtrise des coûts. C'est l'objet de l'audit d'application IA.

Votre app envoie des données
à un modèle. Lesquelles ?

C'est la question technique qui précède toute question réglementaire — et celle à laquelle un audit répond factuellement. 30 minutes pour en parler.

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